Affaire Frantz Fanon : comme un air de règlement de comptes

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Le décès d’un élevé de la classe de 4ème dans cet établissement secondaire de Yaoundé est venu réveiller les batailles de positionnement politique qui animent cette partie de la capitale.

L’AFFAIRE est bien vite apparue comme étant le scandale de l’année dans le secteur de l’éducation. Et alors que le train de l’année scolaire sort de gare, la communauté éducative apprend par la voie des réseaux sociaux, que le nommé Igor Alexandre Mvoe Dipita, élève au collège Frantz Fanon de Yaoundé, a été tabassé à mort par deux personnels du corps enseignant de cet établissement.

Suffisant pour provoquer la colère de la communauté éducative toute entière et jeter l’opprobre sur cette enseigne scolaire. Mais la vérité des faits au sujet de cette scabreuse affaire survenue dans un contexte te d’interdiction des sévices corporels dans le secteur de l’éducation est toute autre.

Dans son communiqué rendu public pour la circonstance, l’administration du collège renseigne : «l’élève nommé Igor Alexandre Mvoe Dipita est admis en classe de 6ème au collège Frantz Fanon en 2017 avec un dossier médical attestant de sa dépendance à vie aux soins médicaux. Un statut qui lui conférait une attention particulière de la part de l’ensemble des enseignants de l’établissement….

Dès lors l’administration du collège bilingue Frantz Fanon précise que les informations véhiculées faisant état du décès de l’élève Igor Alexandre Mvoe Dipita des suites de sévices corporels quelconques sont in avérées et sans fondement».

Ceci est d’autant plus vrai que tous les recoupements effectués ici laissent entendre que le défunt est décédé au centre médico-social de la Caisse nationale de prévoyance sociale à Es-sos. Il convient de rappeler que le nommé Igor Alexandre Mvoe Dipita est parti de l’établissement quelque jours plus tôt ne présentant aucun signe d’affaiblissement ni de maladie due à sa situation toute particulière.

A son départ de l’école, ce dernier se serait soustrait à une punition collective de l’ensemble des élèves n’ayant pas fait leur devoir d’informatique : «le professeur d’informatique nous a mis à genoux parce que nous n ’avons pas fait le devoir ; après Dipita s’est levé. Il est parti aux toilettes ; quand il est revenu des toilettes il est directement entré ; le prof voyant ça nous a aussi demandé d’entrer. Une fois en salle, il a commencé à bavarder. M. Siewe est sorti et en revenant, il était accompagné du surveillant (M. Mvondo ndlr)», témoigne un des camarades du disparu.

Approché, le surveillant général avoue que «c’est le prof d’informatique qui m’a appelé pour le cas de turbulence et d’insolence de Dipita, qui non seulement n’avait pas fait son devoir, mais troublait exagérément le cours d’informatique. Le prof l’a d’abord mis à genoux ses complices du désordre et lui devant la salle de classe, mais M. Dipita a jugé bon de se lever deux minutes seulement après la punition, sachant qu ’on ne pouvait exercer aucune violence sur lui et ce depuis qu ’il est inscrit chez nous en classe de 6e.

Le prof, dépassé, m’a interpellé. Je suis allé dans la salle de classe le chercher pour dresser une convocation à ses parents. Pendant que je rédigeais le document, je lui ai demandé de se mettre de nouveau à genoux devant mon bureau le temps de rédiger la convocation. Pendant que je le faisais et ayant été interpellé à autre chose, j’ai trouvé que l’élève s’est de nouveau levé et est rentré en salle de classe. Quelques minutes plus tard les cours se sont achevés».

Le fondateur de cet établissement a laissé entendre que sa version des faits est contenue dans le communiqué rendu public à cet effet. Cependant, un proche d’Alexandre Essomba, promoteur de l’établissement par ailleurs homme politique militant du Rdpc pour le compte de la section de Yaoundé 4, au regard du déchaînement observé sur les réseaux sociaux, avoue sous anonymat que ce sont les batailles politiques qui ont commencé ici.

«Les ennemis du président Essomba ne dorment pas ; il faut qu ‘il le comprenne. Déjà que l‘on dit que c ‘est lui qui finance un concurrent de l’actuel maire pour lui succéder à la mairie. Ces ennemis peuvent jeter une telle information dehors sachant très bien quel impact elle aura sur l’école.»

Au moment où nous mettions sous presse, nous apprenions que les grands-parents du défunt ont approché l’administration de l’école afin d’y déposer le programme de ses obsèques. Bien plus encore, des responsables du ministère des Enseignements secondaires sont également descendus sur les lieux pour s’enquérir de cette folle rumeur qui, à bien y regarder, est une grossière exagération mue par le désir délibéré de nuire à la renommée de cet établissement. La génitrice du petit Dipita aurait d’ailleurs confié à des journalistes que «la cause du décès de mon fils n ’a rien à voir avec une quelconque bastonnade ; mon fils était malade et depuis la classe de 6eme».

actucameroun

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