Lutte contre le paludisme : les moustiquaires de mauvaise qualité sont des tueurs discrets

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actucamerounRosine Désiree Chougouo Kengne, Pharmacienne, Chercheuse et Chargée de cours à l’Université des Montagne au Cameroun, a déclaré que si la lutte mondiale contre le paludisme s’est considérablement intensifiée depuis 2010, les moustiquaires de qualité inférieure ont tué en silence de nombreuses personnes.

Spécialiste de la prévention du paludisme et de l’artémose depuis 2005, Mme Chougouo Kengne affirme qu’il existe un problème flagrant et urgent : la fabrication et la distribution continues de moustiquaires imprégnées non conformes et de qualité inférieure. Alors que la lutte mondiale contre le paludisme s’est considérablement intensifiée depuis 2010, plusieurs régions du continent africain accusent un retard alarmant, notamment l’Afrique centrale.

Le Cameroun, par exemple, est un cas très intéressant. Il est unanimement reconnu par la communauté des professionnels et des institutions spécialisées que l’ensemble de sa population de plus de 24 millions d’habitants est exposée à l’infection, dont 71 pour cent sont à haut risque. Face à ces chiffres, le gouvernement camerounais et ses partenaires internationaux ont mené, en 2016, une campagne de masse pour introduire largement les moustiquaires imprégnées d’insecticide longue durée dans les foyers camerounais, atteignant une couverture nationale de près de 70 %.

Ces efforts sont certes louables, mais il y a un problème flagrant et urgent : la fabrication et la distribution continues de moustiquaires imprégnées non conformes et de qualité inférieure. Ce phénomène est une grave préoccupation pour la population très vulnérable au paludisme au Cameroun, ainsi que dans les régions endémiques du continent africain. La question est encore aggravée par la quasi-impossibilité pour le consommateur camerounais ordinaire de savoir si la moustiquaire traitée dans un dépanneur ou un marché de rue, ou même dans une pharmacie, répond aux normes requises.

Les capacités insuffisantes de surveillance du marché laissent une fenêtre assez grande pour que les MILDA inférieures aux normes, ou complètement fausses, puissent entrer et finir sous les toits de millions de Camerounais. De plus, comme l’a révélé la recherche, au cours des dernières années, la résistance aux insecticides des moustiques anophèles infectieux a rapidement augmenté, une tendance confirmée dans 64 pays, selon le Plan mondial pour la gestion de la résistance aux insecticides (GPIRM) de l’OMS, publié en 2012.

Le Cameroun est, sans surprise, l’un de ces pays. La résistance aux insecticides rend d’autant plus préoccupante la problématique des MILDA inférieures aux normes. Le fait que même les MILDA standard sont moins efficaces augmente la gravité du risque de pandémie. Les pyréthroïdes, un groupe de pesticides artificiels synthétisés à partir du pesticide naturel pyrèthre produit à partir de fleurs de chrysanthème, restent la solution la plus crédible et la plus efficace pour traiter les moustiquaires et produire les MILDA standard requises conformément aux exigences de l’OMS.

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